Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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Laurent Gérard

Le contrôle digital à l’école contesté

mardi 6 février 2007

Pour limiter les retards et empêcher les intrus de pénétrer, des établissements ont recours aux empreintes digitales. Polémique.

Voir en ligne : La Libre Belgique

A l’Institut Marie-José, ce sont les empreintes digitales qui vont permettre aux élèves de pénétrer dans leur école. En utilisant la technologie Easy Dentic, l’Institut ne fait en fait qu’emboîter le pas de l’Institut Don Bosco, à Woluwe St-Pierre.

A son arrivée à la direction de cette école technique il y a trois ans, Bernadette Deville avait constaté « que les moments de violence intense étaient souvent le fait de jeunes venant de l’extérieur ». « Nous avons donc mis en place un système fonctionnant avec des clés à puce, malheureusement assez chères (13 € pièce). » Chaque élève possédait sa clé qui permettait l’entrée dans l’établissement et enregistrait l’heure d’arrivée. Mais si l’on perdait sa clé ? Ou si on l’oubliait à la maison ? « On nous a donc proposé un système électronique utilisant les empreintes digitales », poursuit Mme Deville. Avec l’accord du Pouvoir organisateur (PO), le système, offert par la société en guise de publicité, et qui ne génère donc que des coûts limités (100 € de maintenance par mois), a été mis en place. Résultat : la direction ne déplore plus de visites malintentionnées et le nombre d’élèves en retard a considérablement diminué (de 115 à une quinzaine par jour). Bref, MmeDeville ne voit que des avantages au système. « On mobilise moins de gens pour des tâches administratives », témoignait-elle en octobre dernier dans la revue “Entrées libres” du Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec). Aujourd’hui, elle nous assure qu’elle n’hésite pas à conseiller ce système aux directeurs d’école qui demandent son avis.

Légal ?

Mais est-il bien légal de procéder à un contrôle digital à l’entrée d’une école ? Jean-Yves Woestyn, juriste au Segec, soulignait dans “Entrées libres” que « rien n’interdit l’usage d’un contrôle électronique ou d’un pointage à l’entrée d’un établissement, car les élèves sont dans l’obligation de rester au sein de l’école ». « Quant à l’autre aspect de la question, la présence dans l’école de jeunes qui n’y sont pas inscrits, c’est très clair : dans l’enseignement libre, l’école est un domaine privé ». Au Segec, on nous confirme également qu’à partir du moment où les élèves ont la possibilité de refuser de donner leurs empreintes, il n’y pas d’atteintes au respect de la vie privée. C’est sur ce point qu’insiste le cabinet Arena (PS). « La ministre n’a pas à donner d’autorisation aux écoles, nous dit-on. Cela dépend des PO. Mais le principal est que l’on respecte la vie privée. Si c’est le cas, alors ces contrôles constituent une piste parmi d’autres pour lutter contre la violence et le décrochage scolaires ».

Néanmoins, tout le monde n’approuve pas de telles pratiques. Notamment Paul Timmermans, directeur du Collège St-Pie X de Châtelineau. « Au lieu d’installer un tel système, demandons-nous pourquoi les élèves sont absents. L’école est une microsociété où l’on doit apprendre la démocratie, et il est difficile de travailler sur de l’éducatif avec de tels systèmes de contrôle ».

Le Conseil de la Jeunesse d’expression française, pour sa part, « ne peut admettre que la seule réponse à la violence consiste en une nouvelle violence, plus insidieuse et moins spectaculaire, faite cette fois aux libertés et à la vie privée des jeunes ».

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