Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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Benjamin Moriame

Des caméras surveillées

samedi 19 janvier 2008

LA NOUVELLE SECTION de la Ligue des droits de l’Homme s’est penchée sur les caméras de surveillance. Rapport.

Voir en ligne : Le Soir

Peut-on encore circuler incognito à Namur ? Les caméras de vidéosurveillance mettent-elles en péril notre vie privée ? Telles sont les premières questions que s’est posées la nouvelle section namuroise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), recréée après dix ans d’absence. Suite à sa visite dans les bureaux de la police, la délégation remet un rapport nuancé.

Pour rappel, Namur est vidéo-surveillée depuis trois ans. Une cinquantaine de caméras ont été installées dans des lieux phares. Vingt-quatre d’entre elles, appartenant au MET, se penchent sur la circulation, tandis que 26 autres observent les rues du centre-ville, surtout les rues piétonnes, et quelques lieux choisis : l’hôtel de ville, les facultés, le théâtre et le tunnel sous la gare. La police garde également un œil sur Jambes, autour du pont, de l’Elysette et de la place de Wallonie.

« Nous avons constaté la volonté d’une complète transparence et reçu des réponses sans ambages, salue le président de la section locale de la LDH, Henry Brasseur. Nous avons observé la salle de commande des caméras, qui dispose de douze grands écrans, et testé le zoom, etc. » Plus tard, les représentants de la LDH ont accédé à une autre salle, qui dispose aussi des images. La police y surveillait le cortège de la Saint-Nicolas des étudiants.

« C’est le seul cas pour lequel l’usage de caméras nous paraît justifié : lors de manifestations, commente Henry Brasseur. Les caméras permettent une présence policière plus discrète. En revanche, concernant la petite délinquance, nous estimons que les caméras n’améliorent pas la sécurité. Au contraire. Les méfaits se déplacent vers des zones peu surveillées. »

« Interprétation douteuse »

Pourtant, à Namur, la criminalité est en baisse depuis sept ans. « Jamais je ne dirai que c’est grâce aux caméras, expliquait, début 2007, le commissaire Guy Jomaux, chef de corps. Mais je suis globalement satisfait du système de vidéosurveillance. Il s’avère utile lors de nombreuses enquêtes. » Selon la LDH néanmoins, « l’interprétation des images est douteuse. Identifier un visage alors que celui-ci ne fait que quelques pixels relève de l’utopie. Mais les caméras rassurent. Les importantes dépenses en matériel, maintenance et personnel (5 personnes 24 h/24) en valent-elles la peine ? » Une caméra coûte entre 750 et 1.250 euros, dit la police.

La police et la LDH semblent malgré tout avoir trouvé un terrain d’entente en ce qui concerne la protection de la vie privée. En 2007, une loi sur la vidéosurveillance a été promulguée. Celle-ci impose notamment l’installation de pictogrammes informant les passants de la présence d’une caméra. La police de Namur se prépare à appliquer cette loi, qui fixe l’échéance à 2010.

« Nous nous conformerons à la loi, mais nous attendons les arrêtés d’application, afin de savoir exactement comment nous devons agir », annonce-t-on au cabinet du bourgmestre.

La ligue s’est également intéressée aux caméras de Sambreville, Andenne et Gembloux, mais ne s’en inquiète pas dans la mesure où ces systèmes sont restreints à une place chacun. En revanche, elle émet des réserves sur la conformité des nombreuses caméras privées, qu’elle n’est pas en mesure de contrôler.


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