Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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Mourad Guichard

Les gamins mis en fiche à la cantine

samedi 19 janvier 2008

A Orléans, la municipalité UMP ne badine pas avec la pause déjeuner des bambins. Dans les écoles de la ville, depuis la dernière rentrée scolaire, les enfants sont verbalisés à l’aide de fiches.

Voir en ligne : Libération

A la clé, une possible exclusion temporaire. Ces fiches, déclinées en trois couleurs (blanc, orange et rouge) regorgent de questions subjectives et de formules décryptant le comportement des enfants. On y parle de « langage soigné », de déjeuner « calme », d’« intérêt durant les activités ». Elles sont établies par des agents dont il est impossible de savoir s’ils possèdent ou non les compétences pédagogiques requises.

« Humiliation ». « On flique nos enfants, même à la cantine. Et on leur demande de signer. A 7 ans ! » s’étrangle Miguel Teixeira, père de famille et blogueur à l’origine de cette dénonciation. « Où atterrissent ces fiches ? Existe-t-il des doubles ? » s’interroge Nathalie Hurel, représentante FCPE.

Un cadre municipal défend la mesure : « Le temps du déjeuner n’est pas un temps facile pour les personnels. Nous avons cherché une solution qui permette de gérer ces difficultés. » Bénédicte Maréchal, l’adjointe aux affaires scolaires, se justifie ainsi auprès des parents d’élèves : dans un courrier de novembre, elle expliquait que « le projet [a été] travaillé avec les enfants », qu’il s’agit du fruit d’une « concertation entre agents et enfants ». « Mais comment voulez-vous que des gamins comprennent les tenants d’une telle procédure ? s’indigne une animatrice. Tout cela relève de l’humiliation plutôt que de la pédagogie. » A l’issue d’une réunion de crise, vendredi, en présence de l’élue de secteur, les parents d’élèves ont obtenu un moratoire sur la distribution de ces fiches. « Je pense qu’ils veulent laisser passer les élections, histoire de ne pas politiser cette affaire », confiait un parent à la sortie de la réunion.

Tramway. Cette manie de verbaliser les enfants n’est pas nouvelle à Orléans. En septembre 2006, un père de famille avait écrit au courrier des lecteurs de Libération. Il y racontait qu’Arthur, son fils de 9 ans, venait d’être verbalisé dans le tramway - il avait oublié sa carte d’abonnement - et contraint de signer le procès-verbal sous les yeux de sa mère.

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