Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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JCC/RAGe Liège

Big Brother sur Liège

lundi 28 novembre 2005

Ainsi que le souhaitait la police, le réseau de caméras de surveillance de la ville de Liège sera drastiquement étendu dans les prochains mois et ce en deux phases successives. Le conseil communal l’a décidé lundi dernier. Ce seront bientôt 109 caméras qui surveilleront et enregistreront nos moindres faits et gestes 24h sur 24 dans toute la ville.

Voir en ligne : À Contre Courant

En 2003, le conseil communal avait déjà voté l’ajout de seize caméras portant leur nombre à trente au total. Ce 22 novembre, PS, CDH et MR ont clairement accéléré la manœuvre. Ils ont dit oui aux phases 3 et 4 du projet d’extension proposé par la police. Ecolo s’est abstenu ce qui est une bien frileuse opposition. Pour un investissement de 3,3 millions d’euros, le réseau s’enrichira donc de 79 caméras supplémentaires dès 2006. La phase 3 prévoit le placement de 45 caméras dans le centre-ville (jusqu’aux hôpitaux Saint-Joseph et de la Citadelle au nord, aux Guillemins au sud et au pont Atlas à l’est). Quant à la phase 4, elle prévoit que 34 caméras seront installées dans les quartiers et les commissariats raccordés au réseau géré depuis l’hôtel de police.

Soutenu par le MR et le CDH, le toujours pragmatique bourgmestre socialiste Willy Demeyer a déclaré : « Après avoir fait la balance des intérêts, nous pensons devoir agir ainsi. » Une commission de vigilance a été mise en place et tous clament à l’unisson qu’aucun usage abusif ne sera fait de ce puissant outil de contrôle.

Nous ne sommes pas dupes. Ce système évoquant Big Brother, fait pourtant froid dans le dos. De Sarkozi à Demeyer, la folie sécuritaire ne semble pas connaître de frontière idéologique (ou alors est-ce nos élus qui n’ont plus de frontières idéologiques ?). Plutôt que d’attaquer le problème des incivilités et des petits délits à la racine, en s’attaquant par exemple aux causes du décrochage social (racisme d’Etat, chômage massif, précarisation, désocialisation, ...), on préfère aujourd’hui à gauche comme à droite user de la répression. 1000 policiers, 100 caméras de surveillance, les crève-la-faim qui zonent en ville seront bien surveillés.

Non, la démocratie ne peut pas se sentir à l’aise dans un espace quadrillé par des caméras de surveillance. Non, on ne sait pas à quoi serviront ces outils de contrôle, alors que la démocratie régresse chaque jour un peu plus. Non, cette intrusion dans les espaces publics et dans notre quotidien le plus intime n’est pas acceptable.

Aux premières loges de chaque baiser échangé en rue, il y aura bientôt un policier devant son écran de contrôle. Cette société là, nous n’en voulons pas ! Et si des caméras devaient être rendues inopérantes de façon non-violente, nous le considérerions comme une résistance citoyenne légitime à cette agression sécuritaire et démagogique.

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