Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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Montrer patte blanche à l’école

lundi 5 février 2007

L’installation d’un système de lecture d’empreintes digitales à l’entrée de l’école libre Marie-José à Liège, après deux autres écoles bruxelloises, suscite de nombreuses réactions parmi les acteurs de l’éducation.

Voir en ligne : Le Soir

La Commission de la protection de la vie privée, qui affirme qu’aucune école n’a pris contact avec elle avant d’installer ce système, estime qu’il y a clairement un problème de proportionnalité. Les écoles justifient l’installation du système pour des raisons de sécurité. Mais n’est-ce pas un peu excessif ? Il nous semble en effet que les moyens mis en place sont disproportionnés par rapport aux objectifs recherchés, explique Martine Lartigue, porte-parole de la Commission.

La Ligue des Familles parle, de son côté, d’une nouvelle escalade dans le contrôle de l’absentéisme. Derrière cette décision de placer un tel système, il y a surtout un vrai appel à l’aide des directeurs d’école et des enseignants qui ne savent plus comment gérer les tensions liées à l’absentéisme, à la violence à l’extérieur de l’école, etc., avance Emilie Hoyos. Du côté de la Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel (FAPEO), le président Philippe Schwarzenberger se dit effrayé par ce type de procédé. Il y a clairement un risque de surenchère. Mais surtout, j’ai peur que ce soit utilisé comme un argument de vente, utilisé pour pousser les parents à venir inscrire leurs enfants dans ces écoles. Mais jusqu’où ira-t-on ? , se demande-t-il. Nous savons que les écoles sont confrontées à une surcharge administrative. Mais l’on ne peut y remédier n’importe comment ! L’école n’est pas un service public comme les autres. Ce n’est pas une usine ou un supermarché. C’est l’endroit où l’on crée la société de demain, alors si on veut une société automatisée, ce système est effectivement le bon, dit-il, appelant à un réel contact entre les élèves et le corps enseignant et éducatif.

A l’Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique (UFAPEC), la réaction est plus mitigée. Je ne veux pas condamner d’emblée le directeur de cette école. Il faut prendre le temps de la réflexion, rencontrer le directeur, les enseignants et les parents, pour comprendre ce qui a poussé l’école à adopter un tel système, explique Thierry Lambermont, président de l’UFAPEC.

Evoquant une technologie convenant mieux à l’univers carcéral qu’à celui, censément plus accueillant, de l’école, le Conseil de la Jeunesse d’Expression Française (CJEF) indique pour sa part qu’il ne peut admettre que la seule réponse à cette violence consiste en une nouvelle violence, plus insidieuse et moins spectaculaire, faite cette fois aux libertés et à la vie privée des jeunes.

L’instance consultative des jeunes en Communauté française estime qu’il convient de renforcer les équipes pédagogiques et éducatives des établissements et doute de la réelle efficacité d’un contrôle des empreintes digitales par rapport aux projets pédagogiques des établissements. Pour le CJEF, les jeunes paient au jour le jour l’addition d’un sous-financement chronique des établissements scolaires et d’un manque de réelle prise de responsabilité politique.

(D’après Belga)

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