Collectif Liégeois Contre la Vidéo-surveillance

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Quelques bonnes raisons de s’opposer aux caméras de surveillance

lundi 25 septembre 2006, par Franz


  1. Il s’agit d’une mesure strictement répressive. Les caméras ne vous protègent pas, elles facilitent simplement la répression (quand elles fonctionnent, ce qui n’est pas toujours le cas, loin s’en faut). Et elles ne sont pas dissuasives dans bien des cas, comme l’a montré l’assassinat de Joe Van Holsbeeck à Bruxelles en avril dernier. La « protection » dont vous pensez peut-être bénéficier est par conséquent largement illusoire.
  2. Les caméras participent à une dynamique générale de transformation de tous les problèmes sociaux en problèmes sécuritaires. Elles s’inscrivent dans la logique de la « tolérance zéro » selon laquelle tout délit, même le plus mineur, doit faire l’objet d’une réponse répressive immédiate et dure de la part des pouvoirs publics. Nous pensons au contraire que, dans un certain nombre de cas, la médiation et le travail social sont pourtant bien plus « sécurisants » que la répression à tout crin.
  3. Ça coûte très cher. Il est absolument inacceptable que la ville investisse des millions d’euros dans un système de caméras alors que des besoins essentiels ne trouvent pas de financement. C’est au contraire en développant les systèmes sociaux et les services publics que nous créerons une société où chacun a sa place.
  4. Les caméras constituent, si elles sont mal utilisées, un véritable instrument de contrôle totalitaire d’une société. Or le contrôle démocratique de l’usage de ces caméras est parfaitement insuffisant en l’état. On nous dit que les bandes vidéos sont détruites après 72 heures mais qu’est-ce qui nous le garantit ? On nous dit que les bandes ne seront utilisées que pour certains objectifs précis, mais qu’est-ce qui nous le prouve ? Il n’existe aucune structure de contrôle indépendante, à laquelle les citoyens pourraient s’adresser, pour contrôler l’usage qui est fait des images prises par les caméras. Même le conseil communal n’a pas les moyens d’un contrôle effectif sur l’usage qui est fait de ces caméras.
  5. Les caméras instaurent un rapport malsain entre les citoyens et les autorités publiques, basé sur le soupçon et la présomption de culpabilité. Elles modifient les principes sur lesquels sont basés la vie en commun : ce n’est plus la confiance et la responsabilité civile qui priment, mais le contrôle social et policier.
  6. Les caméras donnent un sentiment très désagréable d’être surveillé en permanence. Même les gens qui n’ont rien à se reprocher ont des choses à cacher. Une société « transparente » est une société invivable. Le droit à la vie privée est un droit fondamental qui n’a pas à être justifié. Il est inacceptable que des policiers disposent des moyens techniques de prendre des photos de nous, de nos amis, de nos amours,... dès lors que nous les rencontrons dans l’espace public.

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